Groupement des syndicats du négoce agricole
Contact
Une structure au service des entreprises de négoce agricole

Changement climatique

L'agroforesterie n'impacte pas le rendement des céréales

Août 2026


Les conditions climatiques actuelles nous apportent une piqûre de rappel sur la réalité du changement climatique et malmènent une agriculture française déjà bien secouée par le contexte économique des dernières années. Dans le même temps, la France vient d’adopter sa troisième Stratégie Nationale Bas-Carbone qui réaffirme ses ambitions de neutralité carbone et fixe des objectifs par secteur d’activité. Le développement des haies et de l’agroforesterie fait partie des leviers de stockage du carbone. Alors que l’agroforesterie intra-parcellaire est marginale en grandes cultures, l’INRAE s’est penché sur la cohabitation entre les céréales et les arbres.


Une étude menée dans le cadre du projet TETRAE-AC2TION, piloté par l'INRAE et financé avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, apporte aujourd'hui des éléments de réponse sur l’effet des arbres sur la culture de céréales qui lui est associée. Les chercheurs ont étudié quinze parcelles agroforestières implantées depuis plus de dix ans en Nouvelle-Aquitaine. Ces parcelles, cultivées principalement en blé tendre, triticale ou orge de printemps, comportent des rangées de noyers ou de merisiers espacées de trente mètres. Elles couvrent différents contextes pédologiques (sols argilo-calcaires et limons profonds) ainsi que plusieurs modes de conduite (agriculture biologique, conventionnelle et semis direct), offrant ainsi un large éventail de situations représentatives.

Les résultats montrent tout d'abord que la présence des arbres favorise un enrichissement significatif des sols en matière organique. À proximité des lignes d'arbres, les teneurs en carbone organique augmentent sensiblement, notamment dans les parcelles où les arbres ont dépassé quinze années de développement. Cet enrichissement provient principalement de la décomposition des feuilles, mais également du renouvellement permanent des racines fines, qui contribuent elles aussi à alimenter le stock de matière organique.

Cette amélioration ne concerne pas uniquement le carbone. Les chercheurs observent également une augmentation de la teneur en azote total des sols, principalement sous forme organique. Le phosphore disponible progresse lui aussi dans plusieurs situations, avec des hausses pouvant dépasser 10 % dans les parcelles où les arbres sont les plus développés. Ces résultats confirment que les arbres participent activement au recyclage des éléments nutritifs et contribuent à renforcer la fertilité chimique des sols.

L'étude s'est également intéressée à l'activité biologique des sols en analysant le fonctionnement des communautés microbiennes. Les observations montrent que les effets des arbres varient selon les pratiques agricoles mises en œuvre. La présence d’arbres tend à équilibrer le fonctionnement micobien des sols mais des pratiques culturales comme le travail du sol ou la fertilisation organique ont un effet plus important.

Enfin, l’étude s’est penchée sur l'une des principales interrogations des agriculteurs concernant la concurrence potentielle entre arbres et cultures pour l'eau, la lumière et les éléments nutritifs. Sur ce point, les résultats sont particulièrement rassurants. Les mesures réalisées sur plusieurs parcelles montrent qu'il n'existe pas de différence significative de rendement des céréales selon la distance aux arbres. Les niveaux de rendements obtenus sont dans la moyenne départementale ce qui remet en question l'idée selon laquelle les arbres pénaliseraient systématiquement les cultures.

Courbes de tendances lissées avec incertitudes associées. Avant les pointillés verts, bande non cultivée sous les arbres. Rendements mesurés par micro-moissonneuse sur 10 m de long et 1,5 m de large en 2025.


Bien que les lignes d'arbres occupent environ 8 à 10 % de la surface agricole, elles constituent des infrastructures agroécologiques reconnues et peuvent générer des revenus complémentaires grâce à la production de bois (énergie, bois d’œuvre…). Demain, on peut également espérer une valorisation de ce système de culture par des crédits carbone ou des paiements pour services environnementaux. Les travaux se poursuivent afin de mieux comprendre dans quelle mesure les arbres pourraient améliorer la nutrition des céréales et contribuer, à terme, à réduire les besoins en fertilisation.


Sources : https://www.perspectives-agricoles.com/economie/agroforesterie-arbres-fertilite-sols

Optimiser ses pratiques pour réduire ses charges en engrais azotés

La séquestration du carbone dans les sols viticoles

Décarboner l'agriculture française

Le maintien des prairies permanentes


Le projet 4 pour 1000

Stocker du carbone dans le sol pour compenser les émissions de CO2 dans l’atmosphère, tel est l’objet du projet 4 pour 1000 lancé en 2015 lors de la Conférence de Paris sur le Climat. L’idée de base est simple : si l’on augmente chaque année de 4 ‰ le stock de C des sols de la planète dans l’horizon de surface (0-30 cm), on compense nos émissions de CO2 et on atténue le changement climatique. L’INRA vient de publier les résultats d’une étude sur le potentiel de stockage en France et son coût.

Lire la suite


Le label bas-carbone

Le label bas-carbone, mis en place par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, sert à labelliser des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre et séquestration du carbone. Il permet un financement des projets par des entreprises, des collectivités, des particuliers en garantissant à ces financeurs la qualité du projet.

Lire la suite


La contribution des cultures intermédiaires au stockage du carbone

Les cultures intermédiaires ont été préconisées à la base pour servir d’engrais vert et limiter les fuites de nitrates vers les nappes phréatiques. A l’heure du changement climatique, l’agriculture est émettrice de gaz à effet de serre mais elle contribue également à réduire les émissions de ces gaz en stockant du carbone dans les sols. Les cultures intermédiaires sont une pratique favorable au stockage de carbone dans le sol.

Lire la suite


Haies et changement climatique

L’agriculture subit les conséquences du changement climatique (sécheresse, fortes précipitations, températures élevées…). Limiter les impacts de ce changement va dépendre de la capacité des systèmes cultivés à supporter les évènements climatiques extrêmes et de notre capacité à stocker du carbone. Dans ces 2 cas, les haies ont un rôle à jouer.

Lire la suite


Quelles pratiques pour combiner lutte contre le réchauffement climatique et qualité de l’eau?

En France, l’agriculture est responsable de 19% des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES). Si l’agriculture est émettrice de GES, elle a l’intérêt de pouvoir également stocker du carbone et donc de compenser une partie des émissions de CO2. Que ce soit pour limiter le réchauffement climatique ou agir pour la qualité de l’eau, un seul objectif : réduire les pertes en carbone et azote.

Lire la suite